vendredi 22 juin 2012

vendredi 22 Juin 2012 - Encore une dure journée à la recherche d'une solution

PARIS (Reuters) - Les dirigeants des poids lourds de l'euro - Allemagne, France, Italie, Espagne - tenteront vendredi à Rome de s'accorder sur les contours d'un paquet de mesures de relance économique et de stabilisation financière susceptible de rassurer les marchés. Objectif : déminer le Conseil européen des 28 et 29 juin, jugé une fois de plus "décisif" face aux nouveaux risques de tourmente financière dans une zone euro en panne de croissance et sous surveillance de ses partenaires non-européens du G20. Angela Merkel, François Hollande, Mario Monti et Mariano Rajoy, qui se pencheront également sur la crise du système bancaire espagnol, les tourments de la Grèce et la situation préoccupante de l'Italie, s'accordent au moins sur une chose : une obligation de résultat dans huit jours à Bruxelles. "Il faut un accord ambitieux, pas au rabais" le 29 juin, souligne-t-on de source gouvernementale française. Sont notamment sur la table la question d'une supervision commune du système bancaire de la zone euro, avec un système européen de garantie des dépôts, et celle d'une mutualisation au moins partielle de la dette européenne. La chancelière allemande reste arc-boutée sur son refus d'envisager toute mutualisation des dettes des Etats de la zone euro, que ce soit sous la forme d'obligations européennes ou par un autre biais, avant une intégration politique plus poussée. Pour tenter de contourner le "nein" de Berlin, la France s'appuie notamment sur l'idée d'un fonds d'amortissement de la dette européenne, une solution intermédiaire pour l'endettement au-delà de 60% du PIB d'un pays, qui a l'avantage d'être avancée par le Conseil des experts économiques allemands. Dans un mémorandum transmis la semaine passée à ses partenaires, François Hollande propose désormais d'inscrire la mise en place de véritables obligations européennes dans une perspective à 10 ans et non plus à court terme. LONDRES PLUS FÉDÉRALISTE QUE PARIS ? La France admet également la nécessité d'une intégration européenne accrue mais par étapes et strictement subordonnée à la mise en place de nouveaux instruments de relance économique, de solidarité et de stabilisation financières. Selon une source diplomatique, le Royaume-Uni, d'habitude opposé à une intégration européenne poussée, appuie pour sa part pour la première fois une approche de type fédéral de la gestion de la zone euro, dont il subit la crise économique. Le sort des banques de l'Union européenne sera au coeur des préoccupations des ministres des Finances vendredi, lors de l'ouverture des débats sur une union bancaire, initiative de première importance pour soutenir la zone euro et ses établissements les plus en difficulté. De leur côté, les chefs d'Etat et de gouvernement examineront la semaine prochaine des propositions en vue d'un processus d'intégration susceptible de déboucher sur une certaine centralisation du processus de prise de décision dans la zone euro. Une ambition qui mettra sans doute des années à se réaliser mais les dirigeants de l'UE comptent qu'en montrant leur détermination à y parvenir, les investisseurs reprendront confiance dans la zone euro. Etablir une union bancaire, axée sur un superviseur unique des grandes banques, un fonds de liquidation et un fonds de garantie des dépôts commun, en sera la première étape. La question d'une union bancaire est délicate en ce qu'elle suppose vraisemblablement un transfert de pouvoir des autorités nationales à une nouvelle autorité, par exemple la Banque centrale européenne (BCE). La grande question est de savoir si cette union bancaire s'appliquerait à la seule zone euro ou à l'ensemble de l'UE. Pour Londres, la réponse est claire : aux dix-sept et pas aux vingt-sept. La Commission européenne veut exactement l'inverse, de crainte qu'une union bancaire limitée à la seule zone euro remette en cause le marché unique. Michel Barnier, le commissaire européen chargé de la régulation financière, plaidera la cause de la CE vendredi. "L'absence de la Grande-Bretagne pourrait être source de bien des problèmes à l'avenir", commentait Fabian Zuleeg, du groupe de réflexion European Policy Centre. "Voilà qui isolerait encore un peu plus le pays du reste de l'Union européenne". Pour l'heure, la CE compte élaborer un projet de loi facilitant la liquidation des établissements en grosse difficulté, assorti de propositions pour renforcer la surveillance des banques. Elle a jeté les bases d'un projet de loi solidarisant les fonds de garantie de dépôt nationaux et pourrait proposer la création d'une structure paneuropéenne.

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