Temps de retard dans l'analyse en France où on découvre brusquement la crise. La France souhaite un plan Paulson à l'Européenne et créer une digue de 300 milliards de dollars pour empêcher que le système ne s'écroule ! Pourtant jusqu'à avant-hier , avant la réunion Sarkozy avec les Banquiers et les assureurs nous n'étions pas touchés par le Tchernobyl financier qui ne dépassait pas les frontières Européennes ! Donc c'est une mesure rassurante auquel l'Allemagne n'est pas prête de souscrire. Fillon , Sarkozy veulent rassurer et ils produisent l'effet contraire qui souligne plutôt que les banques Françaises ne sont pas du tout à l'abri . Comment le pourrait t'elle d'ailleurs puisque le système financier mondial des banques est toujours lourdement imbriquée les unes aux autres. Pourquoi les banques Françaises seraient elles plus épargnées ? On n'arrête pas de nous expliquer les différences entre les Banques de dépôt, les Banques d'affaires etc...etc... mais dans la réalité on voit bien que ce ne sont pas seulement les Banques d'affaires qui ont fait faillite ou qui ont été en difficulté que ce soit en France ou ailleurs. Dexia qui prête de l'argent aux collectivités locales n'étaient certainement pas la plus mauvaise Banque Européenne et pourtant ......
L'Epargne des Français est sécurisée et en même temsp c'est avec L'Epargne affirme Christine Lagarde que les financements se feront.
Dans ces moments difficiles on peut sourire en découvrant comment nous sommes perçus en Amérique.
Intéressant le point de vue du magazine Time vu par un journaliste Américain concernant le Krach: « Comment nous sommes devenus les Etats-Unis de France » Les Américains ont beau ne pas vouloir du plan Paulson, ils restent tout de même favorables à des sauvetages au coup par coup, surtout quand il s'agit d'organismes d'épargne ou d'assurances où leurs économies sont entreposées. Ce qui fait dire à Bill Saporito dans le Time que les Etats-Unis se "francisent".
"Voilà l'état de notre grande république : nous avons nationalisé le système financier, pris le contrôle des banquiers de Wall Street en qui nous n'avons plus confiance. Nous sommes sur le point de quasi nationaliser les compagnies automobiles de Detroit au travers de prêts massifs car elles sont une source de fierté américaine, et trop d'emplois -- et donc de votes -- en dépendent. Notre système social est à sec alors que nous nous dirigeons vers un futur où de trop nombreux retraités seront soutenus par de trop peu nombreux travailleurs. Combien de temps encore avant que nous n'ayons une Sécurité sociale ? Assemblez tout ceci, et l'Amérique qui se dessine est une version caricaturale du pays le plus méprisé par les patriotes pure souche : la France. Avec pour seule différence une nourriture moins bonne.
Vous savez, les Grenouilles n'ont fait qu'augmenter le dédain qu'elles ressentent pour nous -- dans la mesure où c'était encore possible. Et pourquoi ne le devraient-elles pas ? L'Américain moyen a deux boulots et demi, a deux semaines de vacances et autant de sécurité de l'emploi qu'un trapéziste à un bras. L'administration a prôné "la société de propriété" à l'Amérique : soyez propriétaire de votre maison, de votre compte retraite ; vous n'avez pas de besoin du gouvernement dans vos affaires. Les Américains se sont donc endettés jusqu'à l'os pour acheter des maisons surévaluées.
Nous avons toujours dénigré les Français, des pupilles délicatement nourris par leur Etat providence. Ils travaillent, quoi, 27 heures dans leurs bonnes semaines, ont 19 jours de vacances par mois, font la grève pendant deux jours et sirotent un verre de vin chaque déjeuner -- sauf les 25% de la population qui travaillent pour le gouvernement, qui bénéficient d'une situation encore plus douce. Ils partent à la retraite avant que leurs enfants aient terminé leurs études, et ils n'ont pas à économiser pour payer des frais d'université à 45 000 dollars l'année, parce que l'université est gratuite. Pour tout cela, ils payent 103% d'impôts et leurs lois sociales sont si restrictives qu'ils n'ont pas enregistré de créations nettes d'emplois depuis Napoléon. Il n'y a aucun moyen pour que le gouvernement français puisse payer un tel mode de vie indéfiniment, sauf que bizarrement, il le fait".
Finalement et stupidement en Amérique si on ne veut pas du plan Paulson c'est parce les Républicains chantre du libéralisme voient tout cela comme une forme de communisme ou l'interventionisme de l'état est toujours nuisible à la libre entreprise. Pourtant Ben Bernanke le grand spécialiste de la crise de 1929 pourrait peut être leur expliquer que c'est justement grace à un interventionisme approprié qu'on a pu jusqu'aujourd'hui éviter la catastrophe. Mais le temps nous est compté et le temps qui passe réduit toute l'efficacité de la mesure lorsqu'elle n'est pas prise au bon moment.
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